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Rappel historique
L’AP-CADHP a été créée en décembre 2001. Dès les premières réflexions émerge la notion majeure d’intérêt général. Le futur Centre imaginé comme centre de ressources doit répondre à toutes les attentes : celles des LGBT mais aussi celles de tout individu ou collectif qui souhaite accéder à de l’information concernant les LGBT. Par ailleurs, la notion de pérennité préside également au mode de projection dans le temps. Le futur Centre devra ouvrir un jour ses portes pour ne jamais plus les fermer, sauf à se transformer en une autre entité qui poursuivrait les objectifs d’information qui sont assignés à ce projet.
Dans cette perspective, l’équipe a tout de suite souhaité adosser le projet à une institution qui conférerait au projet une dimension et poserait des perspectives d’avenir. C’est pourquoi la première équipe a choisi de solliciter la Ville de Paris dont le Maire, Bertrand Delanoë, avait fait connaître son souhait de soutenir une telle initiative pendant la campagne électorale de 2001.
En décembre 2001, sur la foi d’un dossier qui traçait des pistes de réflexion une subvention de 100 000 euros a été accordée à l’association. Celle a été versée en février 2002, date à laquelle l’association décide d’employer Jean Le Bitoux, concepteur du projet, comme animateur de la réflexion. Un local situé 37, rue Notre-Dame de Lazareth est alors loué afin d’accueillir le salarié et les réunions des groupes de travail qui amèneront au Rapport de préfiguration. Le local qui avait fait l’objet par le bailleur d’une rénovation présentait de nombreux problèmes. Sa livraison définitive par le bailleur n’a été possible que courant novembre 2003. Dans l’intervalle, le salarié a travaillé chez lui et les réunions se sont également, pour la plupart, tenues chez lui.
Le local ouvert, les réunions de travail se succèdent. Elles portent essentiellement sur des constats et analyses de la situation des archives et fonds documentaires LGBT. Elles rassemblent des professionnels de l’archive et de la documentation, et des personnalités qualifiées de la recherche et du monde associatif LGBT.
En mai 2003, soit quelques mois après le vote de la subvention, le président et le trésorier font part de leur départ pour une ville étrangère et de leur démission. Handicapée par ce départ, l’association met en place une nouvelle équipe paritaire qui procède à la révision et à la précision d’un certain nombre d’orientations mal comprises.
Fin avril 2004, Jean Le Bitoux est remplacé par un archiviste professionnel détenteur d’un DESS en matière archivistique. Ce changement est la conséquence d’aléas personnels du salarié qui ne permettaient plus une collaboration fructueuse entre le salarié et l’équipe d’animation du projet. Le choix d’un archiviste professionnel répondait par ailleurs au besoin de traduire en termes scientifiques, techniques et professionnels certains requis. Il a été mis fin à cette collaboration en novembre 2004. Il a ensuite été procédé au choix de recourir à un prestataire de service pour la rédaction du rapport de préfiguration ce qui présentait l’avantage notable de l’intervention d’un œil extérieur qui a permis une synthétisation de nombreuses idées.
C’est sur la base de ce rapport que le futur Centre des Mémoires LGBT Paris-Ile-de-France verra le jour.
En mai 2005, le rapport a été remis à Odette Christienne, Adjointe au Maire de Paris chargée de la Mémoire afin d’envisager la poursuite du soutien municipal au projet (il est à noter que l’association a vécu de février 2003 à nos jours sur la seule subvention de la Mairie de Paris). Odette Christienne a alors annoncé à l’association que le rapport sera soumis à l’expertise de la future directrice des Archives de Paris, Agnès Masson, nommée mais qui prendrait le poste en septembre. Cependant, l’association a demandé un rendez-vous au directeur de cabinet du ministre de la culture et au vice-président chargé de la culture du Conseil régional d’Ile-de-France.
Agnès Masson a conclu son expertise du rapport sur une note favorable. Elle en a informé Odette Christienne ainsi que Martine de Boisdeffre, Directrice des Archives de France. Celle-ci a parallèlement été saisi par le cabinet du ministre qui avait reçu l’association. Martine de Boisdeffre a reçu l’association le 24 novembre 2005 et l’a informé des suites qu’elle donnerait à cette rencontre , une étude par ses services qui servirait de base à une note d’opportunité au Ministre de la Culture.
Aujourd’hui
Martine de Boisdeffre, Directrice des Archives de France, a émis un avis très favorable sur le projet. Elle considère fondamental l’objectif du Centre des Mémoires. Elle a annoncé qu’elle en informerait le Ministre de la Culture dans les plus brefs délais, suggérant un soutien de la part de l’Etat et annonçant sa décision de procéder au recensement des documents LGBT contenus dans les archives publiques (administrations centrales, archives départementales, locales et tout autre archive publique existant).
Fort de cette expertise, l’association procède à la mise en place du Conseil scientifique au sein duquel les différentes obédiences philosophiques, sociales et culturelles ont vocation à être représentées, ainsi que des experts archivistes ou documentalistes. Le Conseil scientifique, comme il est exposé dans le rapport de préfiguration, aura pour tâche premièrement de travailler à la naissance d’un thésaurus en langue française, deuxièmement de valider et compléter la liste des ouvrages qui seront proposés à consultation dans la partie Documentation du Centre, et enfin de répondre à la demande des Archives de France d’élaborer, conjointement avec ses services, une grille de recherche pour le recensement des documents existants dans les archives publiques. A terme, celui-ci devra également travailler à l’élaboration des questionnaires qui permettront de conduire les interviews audiovisuels et de recueillir la mémoire des individus ou des groupes pour lesquels il a été notamment diagnostiqué la faiblesse ou la quasi absence de sources écrites (les trans, les bi, les travailleurs-euses du sexe et les populations primo-arrivant ou issues de l’immigration font notamment partie de cette catégorie et représenteront très certainement une priorité du conseil scientifique).
De façon concomitante, l’association présentera aux différentes institutions, Ville de Paris et départements franciliens, Région Ile-de-France et Etat (administration centrale et Direction régionale des Affaires culturelles) des demandes de subvention. L’association souhaite, comme elle l’a annoncé dès l’origine, les réunir autour de ce projet en leur faisant valoir la nécessaire pérennité et complémentarité de leur soutien à ce projet d’intérêt général qui ne saurait faire l’objet d’enjeux autres que le recueil et la préservation de la mémoire.
La recherche de locaux répondant aux normes techniques fondamentales (préservation des documents et accueil du public) débutera dès que les institutions pressenties auront fait connaître leur niveau d’engagement.